Singulier pluriel
de Lucas Moreno
aux éditions Hélice Hélas Editeur
Genre : SF
Sous-genres :
  • Fantastique

Auteurs : Lucas Moreno
Couverture : Krum
Date de parution : avril 2012 Réédition
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Recueil
Nombre de pages : 238
Titre en vo :

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Un très bon recueil pour découvrir l’auteur

Lucas Moreno, né en 1972 en Uruguay, vit en Suisse depuis l’âge de huit ans. Après des études de sinologie et d’histoire des religions, il exerce divers métiers : bassiste, guitariste, professeur de français et d’histoire, journaliste, traducteur... Il se consacre dorénavant pleinement à l’écriture et compte une vingtaine de publications : textes personnels en revue et en anthologie ainsi que traductions de romans, nouvelles et BD. Il est le cofondateur de la revue littéraire audio Utopod.

Des nouvelles concises

Le présent recueil rassemble des textes publiés entre 2008 et 2011 dans différentes revues et anthologies. Les neuf textes qui le composent sont divisés en deux parties : une première qui fait la part belle au fantastique voire à l’horreur, et une deuxième qui rassemble des nouvelles de science-fiction.

Les nouvelles qui ouvrent le recueil, Singulier Pluriel et Le meilleur’ville dou monde, parviennent à instiller un malaise pesant en très peu de signes, l’une des qualités de l’auteur. Ses nouvelles sans fioritures vont droit au but, nul besoin de longues descriptions pour parvenir à toucher le lecteur. Les nouvelles qui suivent, Shacham, Dellamorte Dellamore et Comme au premier jour poursuivent sur la même veine, chacun de ces textes portant une réflexion sur l’identité et la folie, qui n’est jamais loin...

Des textes sombres

Après ces quelques textes fantastiques, les amateurs de science-fiction devraient pouvoir trouver leur bonheur avec des textes à la tonalité sombre. L’Autre moi joue la carte de la psychanalyse du héros sur fond de voyage dans le temps. Demain les eidolies, sans doute la meilleure nouvelle du recueil, est un très beau texte qui réfléchit sur le rapport de l’auteur à son oeuvre. Trouver les mots est un très astucieux planet-opera, qui montre l’échec d’une colonisation suite à une étrange perte du langage. L’ouvrage se conclut avec la nouvelle PV, où le jardin d’Eden n’est peut-être pas aussi idyllique qu’on l’imagine...

Les neuf textes qui composent ce recueil se lisent tous d’une traite : l’auteur dresse des tableaux singuliers, et questionne les notions d’identité et d’aliénation, dans des univers sombres mais fascinants. On regrettera l’absence de texte inédit mais en l’état, cet ouvrage est une excellente occasion de découvrir l’une des voix les plus intéressantes de la science-fiction helvétique ! 

Tony Sanchez